Kyōto

Depuis notre logement AirBnb à Ōsaka, nous mettions un peu moins d’une heure pour atteindre la gare de Kyōto. C’était assez court pour ne pas vouloir trimbaler nos valises jusqu’à Kyōto pour seulement deux nuits.

Kyoto1-Annote

J’ai adoré Kyōto, non seulement pour ses temples disséminés dans toute la ville, mais aussi pour ses petites rues bordées d’arbres. Nous avons visité en premier Kinkaku-ji, le « pavillon d’or » (#3 sur la photo). Il est magnifique, même si je l’imaginais un peu plus grand. Contrairement à la plupart des temples que nous avons visité, le parc qui l’entoure est assez petit. L’entrée coûte 400¥, ce qui m’avait paru un peu cher, mais vu le monde qu’il y avait je comprends mieux le prix du ticket.

Le reste de la journée, nous avons évité les temples populaires. Nous avons visité Shimogamo-jinja, l’un des plus anciens sanctuaires de Kyōto, qui englobe de nombreux bâtiments (photos #2). Il est entouré d’un joli parc boisé où l’on peut croiser de nombreux peintres s’inspirant de la nature.

Kyoto2-Annote

Le chemin de la philosophie, à l’est de Kyōto (photo #8), est une jolie promenade à l’ombre. Il y avait étonnamment peu de monde, c’était tellement agréable, j’aimerais y retourner !

Le long du chemin, de nombreux petits temples étaient indiqués par des panneaux. Nous en avons vu deux :

  • le temple Honnen-in (photos #6), où il n’y avait absolument personne. On ne pouvait pas entrer dans les bâtiments, mais le petit jardin pavé de rochers plats est sympathique à visiter.
  • le sanctuaire Otoyo, dont les statues protectrices sont des animaux (rat, renard, serpent, faucon). Leur signification est décrite en détail sur ce blog là.

Nous avons continué vers le sud, jusqu’au Nanzen-ji, à partir duquel nous avons essayé de trouver un endroit indiqué dans le Lonely Planet :

Perhaps the best part of Nanzen-ji is overlooked by most visitors: Nanzen-ji Oku-no-in, a small shrine hidden in a forested hollow behind the main precinct. It’s here that pilgrims pray while standing under the falls, sometimes in the dead of winter.

To get here, walk up to the red-brick aqueduct in front of Nanzen-in. Follow the road that runs parallel to the aqueduct up into the hills, and walk past (or through) Kōtoku-an, a small subtemple on your left. Continue up the steps into the woods until you reach a waterfall in a beautiful mountain glen.

http://www.lonelyplanet.com/japan/kansai/kyoto/sights/religious/nanzen-ji-oku-no-in#ixzz3eLl36WVi

À la place, nous nous sommes retrouvés dans la forêt (photo #9) derrière l’aqueduc, et après avoir cherché pendant 40 bonnes minutes, nous avons rebroussé chemin jusqu’à l’aqueduc. Nous n’étions pas vraiment équipés pour de la marche/randonnée de toute façon. À 20 minutes de l’aqueduc se trouve un parc d’où partent des rails désaffectés (photos #10). Je trouve que c’est l’une des plus jolies photos que j’ai faites à Kyōto.

Nous avons fini la journée par Kiyomizu-dera, un temple impressionnant, et le préféré de Mr. C qui était allé lors de son précédent voyage à Kyōto (photos #1). Un vieux monsieur dessinait la pagode qui se trouve dans l’enceinte du temple, et a gentiment accepté d’être pris en photo :)

La rue qui mène à Kiyomizu-dera est bordée de boutiques de souvenirs, pâtisseries, glaces, salons de thé etc… Et cachée au milieu de toute ça, se trouvait la biscuiterie « Malebranche » (photo #7). En voyant leur spécialité, les « langues de chat au matcha« , je me suis souvenue d’un billet d’Armalite sur la thé box Japon. Que j’avais lu un an et demi plus tôt, merci ma mémoire gastronomique ! Sans cela, je ne m’y serais probablement pas arrêtée, ce qui aurait été dommage parce que ces biscuits sont vraiment délicieux. Je regrette de ne pas en avoir ramené plus, mais ils ne se conservent pas très longtemps. On peut en trouver sur Paris au Bon Marché, au double du prix japonais (qui est déjà élevé, 136¥/pièce ~ 1€…).

Kyoto3Nous sommes retournés à Kyōto deux jours plus tard, l’après midi. Le temps était nuageux et lourd. Nous avons fait un tour à l’ouest de Kyōto, dans le quartier de Arashiyama, pour son célèbre pont et la forêt de bambous. Nous avons fait un détour par Gion avant de visiter un marché couvert. J’y ai pris ma deuxième plus jolie photo : le mini poulpe laqué, « farci » avec un oeuf de caille entier. (N’est-il pas terriblement photogénique ??)

Je voulais aussi goûter l’une de ces crêpes au thé vert et aux boules de riz gluant. C’était bon ! À côté de ça, l’éclair/glace au matcha de Malebranche était beaucoup moins original.

Et voilà pour Kyōto, une très belle ville dans laquelle on pourrait sûrement rester des semaines sans s’ennuyer. J’y retournerai certainement un jour !

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Mon voyage au Japon 2014 (4) : Ōsaka

Osaka1

Nous avons logé à Ōsaka le reste de notre séjour (6 nuits), qui nous a aussi servi de point de départ pour visiter Kyōto.

En toute honnêteté, j’ai été un peu déçue par Ōsaka. Je ne saurais pas comment l’expliquer, mais j’ai trouvé la ville plus « agressive » que Tōkyō ou Tanabe, en tout cas pour les quartiers que nous avons visité : autour des stations Umeda, Namba, ainsi que le château d’Ōsaka. Cependant, c’est un point central qui nous a permis de nous rendre facilement à Kyōto aussi.

Parmi les choses que j’ai aimées (il y en a quand même plein !), je retiens notamment:

  • le très discret sanctuaire Tsuyunoten/Ohatsu Tenjin, près de la station Umeda, où nous sommes arrivés par hasard (ce sont les 3 photos à droite). Il est dédié aux couples et à l’amour tragique : il tient son nom d’une courtisane, Ohatsu, amoureuse du fils d’un riche marchand. Leur relation ne pouvant être tolérée par la famille de ce dernier, ils décidèrent de se suicider ensemble dans ce temple. Cette histoire a été rendue célèbre par une pièce de « bunraku » (théâtre de marionnettes japonais), et le sanctuaire abrite désormais un autel en leur honneur. Les visiteurs peuvent écrire leurs vœux sur des petites tablettes en forme de cœur, et même s’amuser à dessiner des visages sur des modèles pré-remplis.
  • la galerie marchande de Tenjinbashi-suji, longue de 2,6km. À côté du marché, nous avons mangé dans le (très bon) restaurant  d’unagi conseillé sur cecj2. En continuant dans la galerie, nous sommes passés devant un stand de korokke devant lequel une dizaine de personnes faisait la queue. Dommage que nous n’avions plus assez faim pour en prendre plus d’une chacun : elles étaient effectivement délicieuses !
  • la cérémonie de mariage traditionnelle à laquelle nous avons assisté le premier jour, au temple shinto Hōkoku (à côté du château d’Ōsaka). Les mariés étaient en kimonos traditionnels : blanc et rouge pour la mariée, sans motifs, tandis que le marié était en noir et blanc, dans ce genre.
  • le restaurant sushi Endō, l’un des plus populaires à Ōsaka, dont l’une des boutiques était juste à côté de notre station de métro. Leurs produits phares sont des assortiments de 5 sushis à ~1100¥.  Nous nous sommes partagé les 4 assiettes de sushis proposées. Plus une en double, celles avec le sushi aux œufs de saumon (イクラ). Au final, j’ai dû en manger 9 ou 10 seulement (maudit estomac nain…), alors que Mr. C aurait pu avaler sans problème une autre assiette.

Le restaurant a un site web, mais il ne faut pas se fier à la Google Map en anglais : il est dans le centre commercial attenant à la station Kyōbashi, comme indiqué sur la version japonaise.

Temple Ohatsu Tenjin

Tablettes votives au temple Ohatsu Tenjin

Osaka2

Unaju chez Uoi Tengoten ; rue marchande Tenjinbashi-suji

Endo Sushi, Kyobashi

Endo Sushi, Kyobashi

Mon voyage au Japon 2014 (3) : Tanabe

Suite de mon « carnet de voyage Japon 2014 », mieux vaut tard que jamais !

TanabeCity

La « ville » de Tanabe (en rouge l’ancienne ville, où se trouve la station de train)

La « ville de Tanabe » (Tanabe city) désigne en fait un immense regroupement de plus petits villages avec l’ancienne ville de Tanabe, où se trouve la gare JR de Kii-Tanabe.

Tanabe

En haut, le temple et cimetière de Kôzan.

L’ancienne Tanabe n’est pas spécialement touristique, la ville sert surtout de point de départ pour les randonnées de Kumano Kodo. Le principal point d’intérêt est le temple de Kôzan, où se situe la tombe de Morihei Ueshiba, le fondateur de l’aikido. Le parc Kagura et la plage Ogigahama font une jolie promenade.

Benkei Matsuri

Benkei Matsuri

Si vous pouvez y aller début Octobre, ne manquez pas le Benkei matsuri : c’est un festival de danse auquel prennent part des troupes itinérantes, mais aussi des groupes d’amateurs de la ville (étudiants, retraités, et bien plus !). Après la parade, direction la plage Ogigahama pour la suite du matsuri : concert, feux d’artifices, et stands de street-food à la japonaise.

Pour plus d’informations sur les festival à Tanabe : http://www.tb-kumano.jp/en/what-to-do/festivals_event

Mon voyage au Japon 2014 (2) : Kumano kodo & Yunomine Onsen

Kumano Kodo (1)

Kumano Kodo, route Nakahechi

Les onsen, les sources chaudes japonaises, ne ressemblent en rien à nos centres de balnéothérapie. La plupart des hôtels à onsen sont beaucoup plus petits, voire familiaux. L’eau est également beaucoup plus chaude : les bassins des onsens sont rarement en dessous de 37°. C’était une expérience formidable que je tenais absolument à faire découvrir à Mr. C. Le souci, c’est que passer une journée entière à cuire dans une source chaude ne correspondait pas son idéal des vacances au Japon (bon, c’est vrai, je m’ennuierais aussi à mourir).

Donc, j’ai essayé de trouver une randonnée sympathique, pas trop difficile, et pas trop loin d’un onsen. La ville de Tanabe, dans la péninsule de Wakayama, est un des départs des routes de pèlerinage « Kumano Kodo ». Cette région offre plusieurs itinéraires, des balades de 2h aux randonnées de 8h, et plusieurs onsens se trouvent à leur croisement. Comme nous ne savions pas dans quel état nous serions en arrivant, et que la météo en Octobre est capricieuse, c’était parfait pour des changements de programme de dernière minute. Mais ce qui nous a vraiment décidés, c’est le site web incroyablement complet de la ville de Tanabe, avec les cartes indiquant durée et dénivelé de chaque itinéraire.

Kumano Kodo map

Plan de la 2e partie de la route Nakahechi. Nous l’avons parcourue en sens inverse, en partant de Kumano Hongu Taisha.

Nous avons choisi un parcours prévu en environ 4h (5h30 avec pause repas et photos) :

  • Départ en bus de la ville de Tanabe, où nous avons passé une nuit pour nous remettre des 13h d’avion. Nous y laissons également nos valises.
  • Arrivée devant le sanctuaire de Kumano Hongu Taisha vers 10h, début de la randonnée. Nous nous arrêtons juste avant Hosshinmon-oji pour déjeuner : il y a une aire agréable où se reposer, avec tables et bancs.
  • Nous rejoignons le croisement de Funatama jinja vers 13h30, puis bifurcation vers le sud par le chemin Akagi-goe pour rejoindre Yunomine Onsen. Le début de ce passage est le plus difficile de la randonnée : de la montée abrupte pendant plus de 30 minutes. Cela s’améliore par la suite, mis à part les innombrables toiles d’araignées accrochées entre les arbres, lors de la descente. J’en ai la chair de poule rien qu’en y repensant…

Normalement, cet itinéraire doit être fait en sens inverse : Kumano Hongu Taisha est la fin de la route de pèlerinage Nakahechi. Mais pour des raisons de planning, nous ne pouvions pas faire autrement. À noter que les bus sont peu nombreux : toutes les 2h environ, de 6h30 à 17h.

Kumano Kodo

Photos prises tout au long de la randonnée, sans ordre particulier.

Le chemin de pèlerinage est parsemé d’autels. Entre Hosshinmon-oji et Funatama-jinja, nous avons vu plusieurs abris présentant des sculptures de bois ou encore des légumes. Ils sont en self-service, il y a une tirelire où payer ses achats.

Yunomine Onsen (1)

Vue de Yunomine onsen depuis la fin du chemin Akagi-goe (enfin !)

15h40 : nous arrivons en vue de Yunomine, mais nous ne sommes pas encore au bout de notre calvaire périple promenade. La ville étant minuscule, je m’étais dit que nous trouverions facilement notre hôtel (le « Yunominesou« ) et je n’avais pas pris la peine de chercher sa localisation exacte. Résultat, nous avons parcouru la ville en vain pendant une demi-heure (soit deux allers-retours d’un bout à l’autre de la ville), avant de demander notre chemin au gérant d’un des bains publics. En fin de compte, Yunominesou ne se trouve pas dans la ville même, mais 500m plus loin en suivant la rivière…

Yunominesou 2

Yunominesou. En bas à droite, la salle où on se change avant d’entrer dans l’onsen.

L’hôtel ne paie pas de mine de l’extérieur, mais les chambres et les bains sont tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Il y a même deux bains privatifs, sans supplément ni réservation préalable. Nous y sommes allés directement après avoir déposé nos valises : quel bonheur de se prélasser dans de l’eau brûlante après une journée de marche ! Bonus : comme nous étions quasiment seuls dans l’hôtel, nous avons pu profiter, chacun de notre côté, de la totalité des bains communs. (Qui eux, ne sont pas mixtes.)

18h00 : le moment tant attendu du dîner ! Oui, je l’avoue, ce que je préfère dans un onsen, c’est le repas kaiseki.

Yunominesou dinner

Rien que cette photo me donne envie d’y retourner…

Au menu : mini-entrées, shabu-shabu de porc/poisson, sashimis (délicieuses crevettes !), tempura, onsen yudofu (tofu cuit dans l’eau de l’onsen), salade d’algue, « pie », et une sorte de panna cotta en dessert. Mr. C a eu du mal a finir ma part. Pendant notre repas (pris dans une autre chambre plutôt que dans la salle commune, sûrement parce que l’hôtel avait peu de clients au dîner), le personnel de l’hôtel a sorti et installé nos futons pour la nuit. La couette est aussi moelleuse qu’elle en a l’air ! La nuit a été un peu agitée cependant, conséquence du décalage horaire. Nous sommes sortis regarder les étoiles, et reprendre un bain vers 3h.

Yunominesou 1

Nuitée et petit déjeuner

Au matin, petit-déjeuner dans la salle commune à 7h15. Ce poisson grillé n’est-il pas terriblement photogénique ? Le potage de riz, appelé okayu, est cuit dans l’eau de l’onsen. Il est accompagné de hijiki, de tsukemono et d’un onsen tamago. C’est un repas réconfortant sans être trop lourd, parfait pour commencer la journée !

Après le repas, le gérant de l’hôtel nous a conduit en voiture jusqu’à l’arrêt de bus, dans Yunomine. C’était vraiment gentil de sa part ! Cela nous a laissé juste assez de temps pour faire acheter des œufs à faire cuire nous-même dans l’eau de l’onsen. (Le résultat n’était pas très réussi, malheureusement.)

Yunomine

Yunomine Onsen : la rivière, et un bassin rempli de l’eau chaude de l’onsen, où faire cuire des œufs ou même des patates douces (satsumaimo).

Nous en avons aussi profité pour faire quelques photos de la ville. Yunomine est un tout petit village, calme, dont l’intérêt réside essentiellement dans ses onsen et sa situation au croisement des routes de Kumano Kodo. Il y a une dizaine de ryokans, ainsi que des bains publics – pratique pour les ryokans ne disposant pas de leurs propres bains, mais aussi pour voyageurs voulant en tester plusieurs. À ce propos, Yunomine Onsen abrite le seul onsen inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le Tsuboyu.

À 8h10, le bus est arrivé, et nous sommes repartis pour Tanabe. C’était une merveilleuse journée, et sûrement ma partie préférée de notre voyage (randonnée comprise !), d’où le billet aussi long :)
Je ferai un récapitulatif sûrement plus succinct du reste du voyage.

Site de la ville de Tanabe/Kumano Kodo : http://www.tb-kumano.jp/fr/
Et l’hôtel : Yunominesou

Akagi-goe

Bonus de fin : la longue montée d’Akagi-goe. La route continue à gauche.

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