Sandyan, Toulouse – la nouvelle pâtisserie des Rêves (brisés) ?

Sandyan, c’est le tout nouveau salon de thé de Yannick Delpech, chef 2 étoiles de l’Amphitryon. Ouvert samedi dernier rue Alsace-Lorraine, près de Jeanne d’Arc, Sandyan avait tout d’un nouvel éden pour amateurs de pâtisseries. Enfin une pâtisserie haut de gamme à Toulouse ! Dès l’entrée, le ton est donné : les pâtisseries sont présentées comme des bijoux, en un seul exemplaire, dans des vitrines-cloches à l’éclairage tamisé.

Sandyan - Toulouse (6)

Le salon de thé, à l’étage, est décoré de façon sobre et moderne : blanc et gris argenté (pas de photos car il y avait du monde). Il y a une vingtaine de places, sur des tables basses ou à un bar qui donne sur les vitrines d’en-dessous. Cependant, le manque d’espace fait que les tables sont plutôt serrées.

Je ne m’attarderai pas sur l’attente, ni les serveuses désorganisées, ni les nombreuses ruptures de stock, ni même sur le couple de clients oubliés qui ont fini par abandonner et partir. La boutique venait d’ouvrir, c’est compréhensible que le service ne soit pas au point. Même après 20 minutes d’attente et l’annonce que la pâtisserie que je comptais prendre était « épuisée », je relativisais encore. J’ai même pris deux pâtisseries, pour être certaine de ressortir heureuse d’avoir goûté quelque chose de bon. Deux valeurs sûres pour moi : un éclair façon Paris-Brest, et un « Eclat (de rire) chocolat Grand Cru Manjari ». Le Manjari étant mon Valrhona préféré, je ne pouvais que craquer.

Après un autre quart d’heure, les pâtisseries tant attendues arrivent enfin.

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Présentation minimale, mise en valeur de la pâtisserie : il est temps de passer à la dégustation !

Malheureusement, c’est un échec critique. Malgré une pâte à choux vraiment réussie, moelleuse et de bonne tenue, l’éclair « façon Paris-Brest » est insipide. Le praliné a plus de couleur que de goût. Très, très grande déception – facturée 5€*.

L’éclat Manjari ne va pas relever le niveau, au contraire. La couche de nougatine sur laquelle est posée la ganache est tellement dure qu’il est impossible de la couper à la cuillère, et c’est tout ce dont je disposais (merci le service). J’ai fini par obtenir un couteau, mais c’est pire : la lame s’enlise dans la nougatine, et il devient presque impossible de la retirer. Conclusion : il faut d’abord manger la ganache, puis ensuite, arracher un morceau de nougatine avec la cuillère. Comme si on essayait d’extraire Excalibur de son rocher. Résultat, le massacre ci-dessous :

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Franchement, je me demande qui a eu cette idée de gâteau, et s’ils l’ont testé avant de le mettre en vente. Ou bien la nougatine est-elle censée être plus croquante, ce qui faciliterait son découpage ? Je peux comprendre des erreurs de service, mais pas de réalisation, surtout lorsqu’on se positionne dans du haut de gamme.

Je dois tout de même reconnaître que la ganache était délicieuse, très chocolatée, dense et fondante. Un délice ! Il aurait pu n’y avoir que la ganache, j’aurais été presque (7€90*) satisfaite…

Avec la note venaient deux macarons, plutôt bons. On sent qu’ils sont frais. Le fourrage aux fruits a une bonne texture, mais la coque est fragile et a tendance à s’effriter. Le goût est subtil : il est un peu fade à la première bouchée mais la saveur reste longtemps en bouche et s’intensifie bien après avoir fini le macaron.

Conclusion : les prix sont clairement exagérés compte tenu de la qualité (et de la quantité). Certains éléments sont parfaitement réussis, mais l’ensemble est décevant. J’espère qu’ils amélioreront leurs pâtisseries. À vrai dire, j’aimerais beaucoup goûter une version de « l’Eclat Manjari », avec une nougatine croustillante ou un pailleté praliné comme une feuilletine.

Pour oublier ça, j’irai profiter tout à l’heure de mon passage à Paris pour découvrir la vraie Pâtisserie des Rêves, et son tant vanté Paris-Brest. Quant au Sandyan, j’y retournerai certainement pour goûter à leur « Larme Manjari », ce que je comptais prendre initialement. Attendez-vous à un autre billet, donc, en espérant qu’il soit plus positif :)

*prix sur place.

Sandyan, 54 bis rue Alsace-Lorraine – 31000 – Toulouse

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Maison Floran, Grenoble : palme du pire service

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La Maison Floran, c’est 3 boutiques sur Grenoble, et une « charte de qualité » promettant, entre autres, des produits de qualité, une présentation soignée, de l’hygiène et un service impeccable.

La bonne blague ! Au mieux (ie, quand les engagements sont tenus), ce genre de discours fait snob. Au pire, comme c’est le cas ici, c’est un mensonge grossier. Bon, d’accord, pas tout à fait. J’admets que la décoration est jolie, que les tables et le parquet en bois donnent du cachet à la salle. Mais cette façade accueillante est un piège, aussi vicieux et retors qu’une plante carnivore parée de couleurs vives.

MaisonFloran (3)

À peine entré, on se rend compte de son erreur. Trois vendeuses, dont deux avachies sur des chaises, discutent. Un client qui rentre ? Qu’importe, continuons donc comme s’il n’existait pas. Soit, ça me laisse le temps de regarder la vitrine. L’une d’elle finit par me demander si je cherche quelque chose. Mhh, oui, des biscuits.

Réponse : « Ouais, on a un sablé par-là. Là, là. » accompagné d’un vague geste de la main. On l’aura compris, ce n’est pas pour rendre service mais pour se débarrasser le plus vite possible de ses clients. Et ce n’est pas fini, car la vendeuse clientophobe est pleine de ressources. Attaque suivante : la musique. Et pas n’importe laquelle s’il vous plaît, c’est Ti amo qui sort. (Elle mérite mieux que ça, la pauvre.)

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Ça ne suffira pas à nous me faire partir (ma sœur ne voulait qu’une chose, fuir de là). Eh oui, pas de chance, car même si le sablé ne me convient pas, le Paris-Brest en forme de petits œufs me fait de l’œil. C’est une de mes pâtisseries préférées, mais c’est difficile d’en trouver des bonnes. Du coup, je ne résiste jamais à en goûter de nouveaux de peur de rater LE Paris-Brest de mes rêves. Le service est atroce, mais ce serait injuste de ne pas laisser une chance aux pâtissiers qui n’y sont pour rien, non ?

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Donc voilà le Paris-Brest, pris sur place pour pouvoir prendre des photos. Et pour embêter les vendeuses, tiens. Et parce que je sûrement masochiste sur les bords. Mais surtout parce qu’il faisait 33° à l’extérieur, et qu’on avait envie de s’assoir un instant. (J’adore Grenoble l’été.)

Évidemment, la vendeuse embêtée sait comment faire regretter au client de la faire travailler d’avoir eu le malheur d’acheter quoi que ce soit : et hop, la pâtisserie attrapée maladroitement avec les doigts puis déposée sur une serviette. Remarque, vu ses compétences, avec une pelle ça aurait été un aller direct sur le plancher. Quant au Paris-Brest sur sa petite planchette et une serviette, pour le manger sur place… Sérieusement, une assiette (en cartons, équilibre précaire) et des couverts, s’il vous plaît !

Je doute que quiconque à part ma sœur m’ait lu jusque là, après tout, l’essentiel a été dit : n’y allez pas. Mais tout de même, qu’en est-il de la qualité du P-B ? Eh bien… pas aussi atroce que le service, mais je n’irai pas jusqu’à dire « bon ». La pâte est sèche, presque cartonneuse, et la crème n’en est pas. Le goût est correct, on sent le praliné, mais c’était à la fois solide et poreux, ça s’émiettait. Loin de mon idéal fondant et crémeux. Cela se voit sur les photos à la manière dont la « mousse » est figée. J’ai failli ne pas le finir, mais c’était mangeable alors ça aurait vraiment été gâcher ces 3€40.

Conclusion : Fuyez, pauvres fous !

Adresse : à côté de Gibert Joseph, en face du Lycée Champollion.
Site web : http://www.maisonfloran.fr/

Déception au restaurant « Chez Fazoul », Toulouse

Les murs en briques de la salle, et la haute voûte donnent une ambiance chaleureuse à la salle.

Chez Fazoul, salle en briques

Mon compagnon prend le plat du jour, des supions à la provencale (je ne connaissais pas). Pour ma part ce sera un simple saumon à la plancha, plus le buffet d’entrées. Pas de photos, je peux juste dire qu’il y avait de la charcuterie (saucisson, jambon, pâté), des salades « à la mayonnaise » (pâtes, piémontaise…). C’était bon, mais… pas franchement mieux que des barquettes achetées à Auchan. Passons aux plats :

Chez Fazoul, supions provençale Chez Fazoul, saumon à la plancha

Supions à la provençale / Saumon à la plancha, frites

Le saumon a un goût de viande dérangeant (cuit sur la même plaque que le boeuf du jour ???) en plus des herbes. Un peu trop cuit à mon goût, mais pas sec donc ça va à peu près. Par contre les frites ressemblent à des croûtons. Quoique perso ça me va, je fais la même chose chez moi avec les frites surgelées pour qu’elles soient croquantes plutôt que sèches…
Pour ce qui est des supions, je les ai trouvés trop dosés en concentré de tomate, mais C. a bien apprécié. Le beurre qu’il y avait dans le riz n’y est sans doute pas pour rien.

Chez Fazoul, île flottante Chez Fazoul, entremet au chocolat

Île flottante / Entremet chocolat

L’île flottante était bonne. La tête de l’entremet fait peur à voir par contre (et encore, la photo l’arrange plutôt bien). On ne sentait pas assez le chocolat à mon goût, mais j’ai apprécié les pépites à l’intérieur. J’ai quelques doutes que ce soit fait maison.

Tout ça pour 14€50 l’E/P/D, je trouve ça cher. Un plat sans valeur ajoutée, un dessert qui a une tête de surgelé (si ça n’en est pas, c’est très dommage parce que ça en a tout l’air). Vous me direz, j’aurais dû m’y attendre avec l’intitulé « saumon à la plancha » sur la carte. Et pourtant, mes papilles ont souvent été enchantées par des plats à l’intitulé totalement banal.

En résumé :
– cher pour ce que c’est
+ jolie salle
+ service souriant et efficace

L’adresse : 2 rue Tolosane, Place Mage, 31000 Toulouse
Web : http://www.chezfazoul.com/

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